Je galere à mort avec mon sujet plus que douteux de Francais :"Eloge à autrui", comment ne pas tomber dans le pathetik, ou le tartinage de niaiseries horribilantes ?! Bref, c'est la meeeeerde et ça va se finir pas une copie non rendue parceke la, je seche grave...
Et pourtant... Si je devais me prosterner devant kelkun, ce serait bien elle : Pour un souci de confidentialité, le nom de ma genitrice ne sera pas citer dans ces lieux, je remplacerai donc son nom par un pseudonyme :
White Betty (ainsi nommée par elle meme)
Artiste de genie, eh oui, car c'est elle qui m'a crée...
Si vous avez l'okasion de faire un tour sur son blog, vous ne serez pas deçu par le personnage (fondamentalement tarée) : http://www.lorange-violette.com/
Lettre ( c'était quand j'etais partie à Grenoble) et peinture (Pigments, matière, huile à la colle de peau sur panneau 50 x60 cm tous droits réservés.2006) by White Betty
20h. Kerabas. 6 septembre 2006
Alors, ça y est, c'est fini. J'ai clos tes bagages, le coeur serré, les yeux secs et des pensées plein la tête. Demain matin, la Sernam viendra. Pardon , ma chérie, si je n'ai pas toujours réussi à maintenir le cap mais je te remercie d'avoir continué à croire que tout est possible. Je sais que là-bas, tu seras bien. Des tempêtes, on en a essuyées, on a aperçu de loin les côtes de l'Ile Sérénité. Trop d'écueils, trop de vents contraires, il a fallu s'en éloigner. Plusieurs années de suite, j'ai cru qu'on y arriverait, à la retrouver, cette putain d'ile! Mais je n'avais plus de carte et la boussole était cassée, et toujours pas une seule langue de terre dans cet horizon brouillasseux, L'eau de la mer, ma chérie, c'est pas bon pour les petites filles, ça leur donne des rides avant d'avoir le droit de vieillir.
Le calme avant la tempête, tu le sais mieux que personne, inutile de te le cacher puisque tu me supplies, avec tes tout petits SMS, de quitter la Bretagne. Trop tard, je me sens aspirée inoxorablement dans l'oeil du cyclone. Moi toute seule, je pourrai m'accrocher à une branche, un rocher, même à une aile d'oiseau qui passe mais toi... TOI qui sais à peine nager, t'obliger à vivre encore une année comme ça, serait d'un réél égoïsme, alors que la vie s'ouvre à toi, que tous les rêves te sont permis et que cet amour naissant va doucement reprendre le relais. Mais je partirai, je te promets, je recommencerai ailleurs. Parce que, de te savoir loin, c'est me donner un second souffle, afin que je mérite cette confiance que tu m'as tant donnée. Allez ! Chérie, sèche tes larmes, je répare le bateau et je m'en vais. Ailleurs ne peut être pire qu'ici.
22h08
Je ne t'enverrai pas cette lettre. Je vais continuer et je tronquerai mon texte. Je le garderai pour me souvenir...
23h22
Alors, ça y est, c'est fini. J'ai clos tes bagages, le coeur serré, les yeux secs et des pensées plein la tête. Demain matin, la Sernam viendra.
Hier, sur le quai de la gare, nous étions gaies et tristes en même temps. Et puis, le train est parti. Je l'ai regarder s'éloigner et avant qu'il ne devienne un point au bout de la voie, je me suis détournée et j'ai repris le chemin en sens inverse. Je ne ressentais rien, rien qu'une sensation bizarre, tu sais: un peu comme le silence avant une tempête de sable, et j'ai pensé que ce n'était pas si dur, après tout. C'est en pénétrant à l'intérieur d'un "relais" pour acheter mon tabac, que j'ai alors senti mes entrailles partir, comme si le train avait réalisé qu'il avait accueilli une voyageuse à qui il manquait un élément. Je suis restée pliée, la dame en face de moi, me regardait et attendait ma comande. Mais mon ventre s'en allait avec toi et j'en avais le vertige. J'ai dû m'arrêter plusieurs fois sur la route, je ne pouvais empêcher mes larmes de couler. Elles ruisselaient et ce n'était pas le moment d'avoir un accident avec la voiture de Milène.
Oh! Mon amour, dire que tu me manques serait un doux euphémisme. Aujourd'hui, tu devrais rentrer de l'internat, j'arriverais en retard à l'arrêt du car car je suis encore à pied, et onze kilomètres, ce n'est pas rien. Mais comme je ne veux pas que tu fasses du stop toute seule, je viendrai quand même....
Je rognonnerais en dedans de moi car demain matin, on devra se lever aux aurores, à moins que Milène ne me prête sa voiture. Je t'accompagnerai et on fera du stop pour aller à Riec, et je me dirai sans rien te reprocher que tu aurais bien pu rester à l'internat quand même, que cette façon de vouloir à tout prix rentrer chez toi le mercredi après midi est d'une débilité, d'une inutilité si ce n'est pour me foutre ton bordel partout..
Mais non, cet après midi, tu n'iras pas à la cyber commune, je ne te demanderai plus: "t'as mangé quoi à midi?" pas plus que mes "C'était bien l'école, cette semaine?" et tu ne me rabacheras plus "Maman, c'est pas l'école, c'est-un-ba-hut-!" Tu n'embrayeras plus sur une description extrêmement détaillée de ta petite vie à l'internat et je ne ferai plus semblant d'être suspendue à tes mots.
Des phrases insignifiantes, répétées inlassablement et aujourd'hui, ma bouche restera close. Sur l'ordi, tes photos apparaissent, et je te ragarde, figée sur l'écran -que je me fumerais bien un peu...- Es-tu déjà peut-être avec des rêves d'ailleurs, un quelque part où les cons n'existent pas, où l'on peut oublier, recommencer tout en continuant sa vie.
Ô! Comme je te voudrais heureuse, insouciante et, en même temps, égoïstement près de moi, à te faire royalement chier...
Mon coeur, regarde autour de toi, et tâche de prendre le meilleur de chacun, ne fais pas comme moi, qui mégote après les petites trahisons ou les défauts des uns et des autres. Tu vas trouver d'autres amis, tâcher d'apprécier cette région, et être bien gentille avec tout le monde, surtout Mamie.
Ta maman qui t'aime.